Faire vivre la démocratie dans un groupe

“Le gouvernement recourt à l’article 49.3 de la constitution”

“Suite à un débat de 30min, les 25 personnes présentes ont voté à l’unanimité la nouvelle orientation politique de l’association”

Il nous est souvent plus facile de déceler les failles dans le processus démocratique lorsqu’il s’agit d’hommes et de femmes politiques que lorsque cela concerne nos propres organisations. On pourrait pourtant se questionner sur la démocratie au sein de nos collectifs : associations, entreprises, groupes d’amis, famille…

Parfois, toutes les personnes concernées n’ont pas la possibilité de prendre la parole. Parfois, des questions importantes sont traitées sans discussions, acceptées “à l’unanimité”. Parfois, quand certaines personnes font des propositions, celles-ci deviennent automatiquement des décisions qui s’imposent à tou·tes. Souvent, l’arbitrage final se résume à adopter l’avis de la majorité, contre l’avis de tou·te·s les autres.

Les modalités de débat et de prise de décision sont rarement réfléchies, encore moins discutées. Que peut-on faire ?

De quoi parle-t-on ?

Durant ce stage nous tâchons de (re)donner du sens au terme “démocratie”, par la prise en compte de ses déclinaisons historiques et contemporaines. Nous découvrons différentes modalités de prise de décision de groupe. Comment décider ensemble ?

Nous travaillons et analysons la dynamique des groupes : sommes-nous tou·tes à égalité ? En quoi le statut, l’expérience, l’aisance orale influent sur les processus de prises de décision ?

Nous réfléchissons sur les principes de domination et de conflit, inhérents à tout groupe constitué qui évolue dans la durée. Puisqu’ils sont inévitables, nous les acceptons et travaillons sur l’animation du conflit et l’atténuation des dominations pour réunir les conditions à l’exercice de la démocratie.

Comment fait-on ?

Nous partageons, expérimentons, inventons et adaptons des méthodes pour débattre et décider. Débat-pétale, consentement sociocratique, élection sans candidat… En utilisant les expériences de chacun·e et en piochant joyeusement dans ce qui se pratique ici ou ailleurs, nous alimentons nos propres catalogues de techniques.

Nous analysons les situations vécues par chacun·e. Nous traitons les questionnements qui émergent au fur-et-à-mesure des réflexions et expérimentations. En affinant ainsi nos représentations et notre compréhension de que sont les décisions de groupe, nous élaborons des stratégies à mettre en œuvre.