Comme le reste de la population, nous sommes confiné·es

Toutes nos activités sont impactées : impossible d’organiser des formations, des conférences, des actions dans l’espace public. Un coup d’arrêt total pour la coopérative.

On vous cache pas que c’est compliqué pour nous. Le printemps devait être une grosse saison, on avait l’ambition de beaucoup travailler… non pas pour nous enrichir, mais pour trouver l’équilibre économique. C’était bien le plan : enfin stabiliser la situation, pouvoir peut-être (presque) nous payer convenablement, démarrer de nouvelles formations, tourner nos conférences. On venait d’embaucher Céline (et surtout de nous associer avec !).

Alors quoi, on arrête de souffler sur La braise ? Chômage partiel, demande de soutien de trésorerie et on attend tranquillement ?

Bien sûr que non. Certes, il y a confinement, chômage partiel. Mais ce n’est pas tout. Que faire collectivement quand on ne peut plus produire ? On travaille ! Travailler sur nos intentions, notre fonctionnement, nos organisations.

Quelque part c’est réjouissant. On prend le temps de travailler sur nous.

Travailler sur nous ça veut dire quoi ?

Nous étions deux, nous sommes trois. Il ne s’agit pas simplement d’accueillir Céline et de lui montrer où sont les choses. Ca change tout : nous avons l’ambition d’être un collectif de travail démocratique, il faut donc partager les pouvoirs. Pour ça, il faut les repérer. Il faut pouvoir parler de tout. Et puis il faut décider ensemble. On essaie. La coopérative est notre laboratoire ! Rien n’est parfait, loin de là. Mais ce qui est sûr c’est que l’aventure est top.

Quand on a terminé de discuter d’un sujet, et qu’on doit acter une décision, on lève les bras. C’est pour fêter. C’est pour célébrer. C’est parce que c’est marrant, et qu’il n’y a pas besoin d’être triste pour être sérieux. Si on lève les bras tou·te·s les trois, c’est qu’on est OK, et qu’on peut avancer.


Nous avons essayé de tout lister.
Les fonctions, les tâches, les missions. Et puis, comme on s’est réparti les tâches ménagères dans notre local, on s’est réparti les missions de travail. On essaie de prendre en compte les compétences, les envies, la charge de travail et la charge mentale. Avec cette attention particulière : comment on évite des prises de pouvoir dans le collectif ?


Qu’est-ce qu’on veut vraiment faire ?
Les stratégies, les alliances locales, les activités à développer. Ce sont des sujets sérieux car l’argument économique est loin d’être le seul que nous voulons prendre en compte. Nous ne cherchons pas des “marchés”, mais un modèle économique viable qui nous permet de mener les actions qui font sens pour nous. Définir “ce qui fait sens”, c’est un chantier !


Et surtout, comment on se sent ?
Ce qu’on veut faire avec la coopérative c’est une chose. Mais que veut-on y vivre ?
Pourquoi fait-on ça ? Quel est le sens de notre métier ? Quel est notre rapport au travail ? On sait d’avance que ces sujets sont périlleux, parce que nos intérêts divergent. Il y a conflit, nécessairement, et ça fait un bien fou d’en parler.

Ca ne sera jamais terminé. Alors on va tâcher de continuer après le confinement, quand on aura repris nos activités. On a du travail devant nous, c’est motivant non ?