L’autonomie en accueil collectif de mineurs

La quasi-totalité des ACM se fixe comme objectif principal l’autonomie des mineurs accueillis. « Être autonome » est le plus souvent entendu comme « savoir faire seul » : faire ses lacets, couper sa viande. Il s’agit ici d’une maîtrise de savoir-faire qui n’implique pas le fait de décider par soi-même, ou alors dans un cadre très contraint : choisir son activité parmi les trois proposées, choisir une des deux entrées proposées au self.

Loin de limiter l’autonomie à la maîtrise d’un savoir-faire, nous considérons qu’elle doit s’inscrire dans une démarche d’émancipation pour l’enfant/jeune. Que peut-il véritablement expérimenter, refuser, décider, transformer ? Quand décide-t-il lui-même de ce qui est bon pour lui ?

De quoi parle-t-on ?

Nous resituons l’autonomie en tant que processus complexe qui nécessite autant l’acceptation de règles et de normes que leur rejet : pour s’autonomiser, il faut s’affirmer et s’opposer. Dans cette perspective, nous questionnons la posture de l’animateur : de l’intérêt de poser des actes d’autorisation plutôt que de limiter les libertés au sein de l’ACM.

Nous analysons le fonctionnement de la structure et la relation animateur/mineur pour que le rejet du cadre et l’expérimentation des enfants/jeunes ne soient pas sources de tensions. En définitive, nous parlons de cadre de liberté et des conditions à créer pour qu’animateur·trices et enfants/jeunes puissent évoluer dans un cadre sécurisant, propice à l’émancipation.

Comment fait-on ?

Nous partons de situations réelles et concrètes, nous partageons des expériences, des réussites, des échecs. Leur analyse permet de nourrir nos représentations quant à la relation entre ACM et autonomisation.

Des méthodes de positionnement stratégique permettent de se projeter concrètement sur des modalités de fonctionnement et des manières d’agir, tout en prenant en compte des résistances et des contraintes. De sorte que les projections recueillent l’adhésion de l’équipe.