Manifeste

Qui sommes-nous ?

Nous avons des parcours d’animateurs et de formateurs. Nous avons travaillé dans différentes structures associatives : centres-sociaux, foyers de jeunes travailleurs, loisirs enfance-jeunesse et organismes de formation (insertion sociale, BAPAAT, BPJEPS, DEJEPS…).

Nous nous sommes construits hors champ professionnel en nous impliquant dans diverses associations militantes et des collectifs formels ou non.

Nous avons tous les deux fait le choix de quitter nos emplois respectifs pour créer une structure qui nous permettrait de mener l’action que nous souhaitons porter dans ses dimensions sociale, culturelle et éducative. Nous sommes dans une démarche politique qui se veut participer à une transformation sociale.

A la base, il y a des constats pas très joyeux…

 

  • Les inégalités demeurent : de plus en plus de pauvres d’un côté et d’opulence à l’opposé, les femmes moins considérées que les hommes sur de nombreux plans, le savoir universitaire considéré dans de nombreuses sphères comme seul légitime, et tant d’autres inégalités qui révèlent les dominations qui s’opèrent dans la société et dont nous sommes à la fois vecteurs et victimes.
  • La qualité de vie se dégrade : nos vies sont précarisées et rythmées par l’emploi que nous avons ou que nous cherchons, au point qu’il nous est difficile de questionner le sens de notre existence en dehors de cette perspective.
  • Nous déplorons la fonctionnalisation des associations, c’est-à-dire l’évacuation progressive du politique et du subversif de leur action au profit d’une logique de projet et de course mortifère aux subventions.

 

  • Le pouvoir décisionnaire est accaparé par une frange de la population présentée comme l’élite, le citoyen est surtout invité à élire ceux qui décideront à sa place. Même localement il sera au mieux consulté, à défaut d’être lui-même au cœur des processus de réflexion, de décision et de contrôle de la réalisation.
  • La langue de bois est par ailleurs si prépondérante qu’elle fait norme et nous amène à employer des mots sans en questionner le sens. Par exemple nous disons vivre dans une démocratie, comme si la France et tous les pays qui s’en réclament avaient atteint une barre symbolique et légitime. Nous affirmons que ça n’est pas si simple et à la question « Vivons-nous dans une démocratie ? » nous préférons « Comment faisons-nous démocratie ? ».

… mais on réagit parce que l’on sait ce qu’on veut.

  • Nous visons une réappropriation franche et profonde du politique par les citoyen.ne.s. Nous voulons que chacun.e puisse faire toujours plus l’exercice de la démocratie et, parce que nous pensons que faire démocratie n’est pas quelque chose d’inné, nous exprimons l’importance d’expérimenter et de s’outiller.
  • Nous souhaitons travailler à prendre conscience de la place que nous occupons et des dominations qui se jouent. Nous pensons que mettre des mots sur des sentiments d’injustice et s’atteler à en comprendre les causes encourage l’insoumission.
  • Nous voulons nous émanciper, sortir de la place qui nous a été assignée (par les rapports sociaux, notre genre, notre culture d’origine…) et considérer avec davantage de force l’idée que ce qui nous semblait impossible ne l’est finalement sûrement pas.
  • En situation de domination, il est nécessaire d’agir collectivement pour exister et peser sur les prises de décisions qui nous concernent. Créer du rapport de force est une condition à l’expérience de la démocratie. Nous aimons la formulation “développer notre capacité à ne plus subir l’histoire mais à la faire”.

Largement inspirés par les autres SCOP d’éducation populaire, nous créons donc une coopérative, ici en Alsace. Après nous être formés dans le réseau, nous souhaitons reproduire, transformer, adapter, inventer des actions qui nous parlent et nous semblent pertinentes à réaliser de notre côté du pays.

Mais l’éducation populaire existe également en dehors du réseau des SCOP et nos références sont multiples, à la fois dans les milieux de la formation d’adultes, de l’animation enfance-jeunesse-adulte ou des structures autogérées.

Nous savons que nous ne sommes pas seuls et on a vraiment l’intention de faire réseau.

Faire réseau, c’est se considérer comme alliés, travailler intelligemment avec celles et ceux qui s’activent également et ont des actions qui ré-ai-sonnent avec les nôtres. Il ne s’agit ni de comparaison ni de concurrence mais d’additionner des actes qui se nourrissent.

Faire réseau, c’est aussi promouvoir ce qui ne nous ressemble pas forcément mais qui participe à une transformation sociale.

Actions et méthodes

De manière plus générale, nous n’avons pas de recettes toutes faites puisque nous voulons faire avec les gens. Si nous privilégions le vécu sur le prévu, nous nous appuyons néanmoins sur une démarche travaillée qui permet de mettre les personnes qui nous sollicitent au cœur de la réflexion et de l’action.

Nous ne dissocions pas le discours de l’action et, à l‘image de ce que nous prônons, nous voulons aussi expérimenter et faire l’exercice de la démocratie en interne. Nous avons décidé d’être une coopérative et non une association. La coopérative ne représente pas une alternative idyllique et nous savons que nous allons toujours faire face à des biais, difficultés et questionnements éthiques. Nous n’en sommes pas moins enthousiastes, pour plusieurs raisons.

  • Nous voulons avoir la maîtrise de ce que nous faisons : décider, agir et assumer nos actes sans nous retrancher derrière une quelconque autorité hiérarchique ou subir des injonctions qui ne font pas sens.
  • Dans la coopérative, 1 personne = 1 voix. Nous expérimentons dans un cadre professionnel l’horizontalité et les modalités de prise de décision que cela implique.
  • Nous voulons tendre vers davantage d’indépendance en nous affranchissant du subventionnement qui pose ses conditions.

 

En termes de méthodes…

Nous privilégions les méthodes actives : nous partons du vécu et du savoir des personnes, nous tâchons de penser l’organisation de l’espace et du temps de parole au regard des jeux de domination, nous encourageons la réflexion et l’action collectives, nous mettons en situation, nous puisons dans l’histoire et l’actualité de l’éducation populaire afin de proposer des méthodes impliquantes pour les participants.

En termes d’actions…

Nous intervenons en formation initiale dans les milieux dits de l’animation et du social, nous animons des ateliers qui se basent sur du savoir collectif et en produisent pour imaginer de l’action, nous abordons des thématiques complexes en organisant des jeux de rôle grandeur nature, nous jouons des conférences gesticulées, nous agissons dans la rue, nous proposons nos propres formations et nous accompagnons associations, coopératives et collectivités sur des problématiques.

La braise

Alors on a décidé de s’appeler « la braise ». Les braises ça veut dire que le potentiel est là. Peut-être qu’il sommeille, mais il suffit de souffler dessus pour le libérer, le rallumer. C’est exactement ce que nous voulons faire : nous ne créons rien seuls, on travaille avec et non pour les gens. Raviver la flamme, et se rappeler ensemble que social, culture, éducation et politique sont liés !